Le Francophone.

L' Outil d' Information de la Diaspora Francophone minoritaire en République d' Irlande.

28 mai 2008

Cas Bemba: La Manipulation du Procureur de la CPI n'est pas exclue.

L’arrestation rocambolesque du sénateur Jean-Pierre Bemba à Bruxelles ce samedi 24 mai 2008 nous parait aussi bizarre qu’étrange vu l’urgence invoquée par le Procureur de la CPI, dans un contexte des relations exécrables qui prévalent entre la Belgique et son ancienne colonie la RDC. Cette arrestation est consécutive au mandat d’arrêt que le Procureur de la CPI a demandé et obtenu à l’encontre du sénateur Bemba le jour où le gouvernement congolais a pris la décision unilatérale de rappeler son Ambassadeur, ainsi que de fermer son Consulat à Anvers. Les propos jugés néocolonialistes ténus par le Ministre fédéral belge des Affaires étrangères Karel De Gucht en seraient, de prime à bord, l’élément déclencheur. En outre, l’inculpation de la Banque Centrale Congolaise par le Juge d’instruction belge Michel Claes dans une affaire de blanchiment des 80 millions des dollars américains, a fini par mettre de l’huile sur le feu. Par réaction, Joseph Kabila, fort du soutien de la Chine, menace de fermer les Consulats belges de Lubumbashi et du Kivu. On ne badine pas avec les enjeux économiques ! Aux dernières nouvelles et, sous la pression des Wallons, le gouvernement fédéral belge s’est enfin décidé à faire des courbettes afin de calmer la rage puérile du Raïs congolais. Ce grand remue-ménage nous rappel l’époque de Mobutu. Nous allons tout de même tenter d’apporter notre petit éclairage sur cette grosse affaire politico –judiciaire, CPI contre JP Bemba, qui sent la manipulation.            

L’arrestation du sénateur Bemba était-elle urgente ?

La lecture des documents pdf sous scellés du 23 mai 2008, redus publiques le 24 mai 2008 sur le site officiel de la CPI juste après l’arrestation du sénateur Bemba, montre que le Procureur Luis Moreno Campo a demandé aux Juges de la CPI d’accéder à sa demande vu l’urgence de la situation car le sénateur Bemba s’apprêtait à quitter précipitamment la Belgique ce dimanche 25 mai 2008 pour une destination inconnue afin de se soustraire définitivement à la justice internationale eu regard aux lourdes charges qui pèsent contre lui : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, viols, pillages et tortures commis par ses troupes en République Centre Africaine, la RCA.

Nous sommes très étonnés de lire l’argumentaire du procureur Luis Moreno d’autant plus que le sénateur Bemba séjourne depuis le 09 mai 2008 à Bruxelles. Il a été reçu au parlement fédéral belge par les Membres du groupe CD&V parti politique de Monsieur Yves Leterme le Premier Ministre du gouvernement fédéral belge ; il a eu plusieurs contacts de haut niveau avec d’autres autorités européennes. Pour votre gouverne, le sénateur Bemba devait, à sa demande, rencontrer durant cette semaine plusieurs Ministres fédéraux belges toute tendance confondue, ainsi que certains Membres influents du milieu d’affaires belges. Avec un pareil agenda politique bien rempli, les raisons invoquées par le Procureur Luis Moreno nous paraissent très peu crédibles.   


Toutefois, les occidentaux ainsi que les congolais qui ont rencontré le sénateur Bemba pendant son séjour à Bruxelles assurent que ce dernier continuait à demander des garanties pour sa sécurité avant de retourner à Kinshasa, raison principale de sa visite en Belgique. Ainsi, son éventuel retour en RDC était loin d’être confirmé.

Rumeur d’un retour imminent du sénateur Bemba à Kinshasa !

Depuis le début de la semaine passée, une certaine presse a annoncé le retour imminent du sénateur Bemba à Kinshasa pour ce mercredi 28 mai 2008, afin d'y briguer le poste tant convoité de porte-parole de l’opposition institutionnelle. Nous avions pris soin de vérifier l’origine de cette rumeur persistante et, à notre grande surprise, aucun officiel du MLC le parti politique du sénateur Bemba n’était au courant de l’imminence de son retour au pays ! Seule une certaine presse proche du pouvoir de Kinshasa a fait mention de cette fausse information qui fut, du reste, très largement relayée sur internet.

Nous pouvons raisonnablement penser que cette rumeur insidieusement distillée dans l’opinion fait partie d’un vaste plan orchestré par les officines du pouvoir Kabiliste avec certainement des relais dans le monde politique et la presse francophone belge. Comme par hasard, Madame Collette Braeckman du journal Le Soir en fait mention dans sa publication de ce lundi 26 mai 2008. Ceux qui ont encore des doutes sur le militantisme ou l’activisme, et surtout la complicité de cette dame avec le pouvoir sanguinaire de Kinshasa, nous leur prions de lire son article via ce lien : http://www.lesoir.be/actualite/monde/face-a-kabila-une-cesure-2008-05-26-600883.shtml

Que penser des révélations de Collette Braeckman du journal francophone belge Le Soir ?

Le régime dictatorial de Kinshasa nous a habitué à des vrais faux coups d’Etat manqués. L’affaire du Ministre fantôme Ilunga Ngoyi, l’assassinat et le dénie de filiation d’Aimée Kabila la fille biologique de Laurent Désiré Kabila sont encore frais dans nos mémoires. L’affaire des faux mercenaires fut un montage ridicule imaginé par les officines du régime afin de disqualifier le Professeur Dr. Oscar Kashala, candidat sérieux à l’élection présidentielle. Nous constatons que depuis le parachutage de « l’Espoir du Congo » Joseph Kabila à la Présidence de la RDC en 2001, la liste de ces genres des montages ridicules est très longue. Etant donné que les scénaristes sont les mêmes, nous nous attendions à d’autres prestations sordides de ce type.

Dans le journal de ce lundi 26 mai 2008, l’envoyée « très » spéciale du journal francophone belge Le Soir, la très controversée conseillère en communication de Joseph Kabila, Madame Collette Braeckman, certifie que le sénateur Bemba est arrêté en prévision de sa fuite imminente vers la Libye soit vers l’Ouganda pour se mettre à l’abris de la CPI après l’échec de sa tentative de coup d’Etat qui a échoué ! Depuis la province de Kisangani d’où elle écrit ses balivernes, cette dame atteste, la main sur le cœur, que des hommes en armes munis des cartes de la ville étaient appréhendés après avoir traversé le fleuve en provenance de Brazzaville. Elle n’hésite pas à sous-entendre qu’un Ministre belge aurait voulu prévenir le sénateur Bemba de l’imminence de son arrestation afin qu’il prenne la fuite !

Face à ces graves affirmations, le Parquet belge devrait logiquement ouvrir une enquête afin d’éclairer la population sur les agissements de ce mystérieux Ministre fédéral ou régional belge présumé complice du sénateur Bemba. Nous espérons que Madame Collette Braeckman mesure les risques qu’elle prend en se compromettant de la sorte. Cette fois, elle a cherché à servir de caution morale pour légitimer cette machination diabolique orchestrée par le régime de Kinshasa contre JP Bemba. C’est tout simplement scandaleux. Cette dame fait la honte de sa profession.

Qui a transmis toutes ces fausses informations à la CPI ?

Nous ne pouvons passer sous silence la main mise des grandes puissances occidentales sur le fonctionnement des Cours et Tribunaux Internationaux. Pour illustration, nous citons les déboires de la Juge Carla Delponté avant son éjection définitive du Tribunal Pénal International pour le Rwanda, le TPIR. En effet, malgré les avis négatifs des Britanniques et des Américains, cette Juge voulait obstinément ouvrir le gros dossier des massacres des masses perpétrés par les troupes de l’intouchable général sanguinaire Paul Kagamé de 1992 à 1998 dans toute la région des grands lacs. Par conséquent, la justice internationale ou justice des pauvres et des vaincue est très loin d’être indépendante. Nous vous recommandons vivement le livre du journaliste d’investigation Charles Onana intitulé « Les secrets de la justice internationale » paru aux Editions Duboiris Paris 2005.

Une source proche de la Présidence congolaise nous a informé que la décision de rappeler l’Ambassadeur de la RDC à Bruxelles ainsi que la fermeture du Consulat de la RDC à Anvers ne constitue qu’une diversion. Cet écran de fumée a bien fonctionné car c’est belle et bien les services de l’Ambassadeur congolais à Bruxelles qui auraient transmis au bureau du Procureur Luis Moréno Campo à la CPI le rapport de la dite arrestation des mercenaires à la solde du sénateur Bemba, ainsi que celui de son prétendu projet de fuir la Belgique pour se mettre à l’abri de la CPI. Toujours selon la même source, le but ultime de toute cette agitation entre Bruxelles et Kinshasa serait d’atténuer l’impacte de l’arrestation du sénateur Bemba dans l’opinion nationale congolaise. Info ou intox, à chacun d’en juger.

Que doit-on retenir du fond du dossier à charge du sénateur Bemba ?

Pour mémoire, nous devons brièvement rappeler les faits qui sont reprochés au sénateur Bemba. En effet, suite à une tentative de coup d’Etat organisé par le rebelle François Bozizé Yangouvonda en 2002 contre le Président démocratiquement élu de la République Centre Africaine Monsieur Ange -Félix Patassé, ce dernier fera appel aux troupes du MLC de JP Bemba. A l’époque, le MLC fut un mouvement politico-militaire qui administrait près de la moitié du territoire congolais. Par ailleurs, Conformément à l’article 6 de l’accord de cessez-le-feu de Lusaka signé le 10 juillet 1999 par les trois belligérants du conflit armé qui faisait rage en RDC, les mouvements politico-militaires dont le MLC, ainsi que le RCD-goma d’Azarias Ruberwa, avaient obtenu la légitimité d’administrer les territoires qu’ils occupaient au même titre que le gouvernement de Kinshasa du Président autoproclamé Laurent Désiré Kabila.

Il faut aussi retenir que la haute hiérarchie militaire du MLC a toujours affirmé que ses troupes envoyées légalement à Bangui en RCA étaient totalement sous les ordres opérationnels des généraux de l’armée régulière de la RCA suivant les accords d’assistance militaire conclus entre les deux parties.

Dans ce cas de figure, à qui incomberaient les éventuelles bavures (violes, pillages, massacres des populations civiles…) présumées à charge des soldats du MLC ? Nous laissons les spécialistes en droit international le soin de dénouer cet énorme nœud gordien. Il va de soit qu’une condamnation de JP Bemba, à l’issu de son procès, fera jurisprudence en droit international. De ce fait, les gouvernements qui voudront dans l’avenir apporter une assistance militaire à un pays ami dont la souveraineté serait menacée par des troupes rebelles devront suivre avec intérêt cette affaire ! 

En outre, après la victoire militaire du rebelle François Bozizé sur le Président élu Age-Félix Patassé le 15 mars 2003, l’occasion était rêvée pour les officines de Kinshasa afin d’élaborer un scénario imparable pour évincer définitivement l’un des quatre Vice-président de la transition Jean-Pierre Bemba, candidat annoncé à l’élection présidentielle. Nous étions tous témoins des vas et vient incessants des autorités congolaises à Bangui. Joseph Kabila, Samba Kaputo, Shé Okitundu, Antoine Gonda et bien d’autres. Certains analystes congolais ont à l’époque évoqué une somme d’argent considérable que Joseph Kabila aurait fait parvenir à son ami de circonstance François Bozizé afin qu’il accepte de participer activement à la manipulation visant Jean Pierre Bemba.

Jamais deux sans trois !

Les scénarios des crimes imputés aux troupes commises à la garde du sénateur Bemba à Kinshasa ressemblent à s’y méprendre à ceux que les centrafricains ont introduits à la CPI. En effet, suite aux évènements du 22 au 24 mars 2007 à Kinshasa qui ont vu la garde présidentielle de Joseph Kabila prendre d’assaut à l’arme lourde la résidence de JP Bemba pour la quatrième fois, plusieurs plaintes de complaisance furent introduite au Kinshasa à charge du sénateur Bemba par certains Kinois corrompus par les proches du régime.

Malheureusement pour le Raïs congolais, les rapports des ONG’s et ceux de la Monuc prouvent bien la responsabilité de sa garde dans le massacre de près de 2000 civils pendant et surtout après cette guerre en pleine ville province de près de 10 millions d’habitants.

Que conclure provisoirement de cette affaire qui sent la manipulation politico–judiciaire ?

A ce stade, nous pouvons retenir qu’il y a bien plusieurs indices concordantes qui démontrent que Joseph Kabila est à la base de cet acharnement obsessionnel politico -judiciaire contre le sénateur Jean-Pierre Bemba, après avoir tenter plusieurs fois de l’éliminer physiquement. Le Raïs congolais s’est spécialisé dans les montages politico –judiciaires contre ses adversaires politiques. Ainsi, le Dr. Etienne Tshisekedi, Me. Marie-Thérèse Nlandu, le Pasteur Fernando Kutino, Me. Théodore Ngoyi, Me. Mukadi Bonyi, le Prof. Dr. Oscar Kashala et bien d’autres Congolais en savent quelque chose ! 

Le dossier judiciaire à charge de Jean-Pierre Bemba à la CPI est de prime à bord rempli des faux témoignages achetés à coup de dollars américains. Nous espérons que le Procureur Luis Moreno Campo va enfin comprendre qu’il instruit probablement le dossier du plus gros montage politico -judiciaire du siècle qui vise un homme en l’occurrence le sénateur Bemba. Mais, si ce dernier est réellement impliqué de près ou de loin dans un vrai massacre des masses et que sa responsabilité personnelle est réellement démontrée, il devra alors répondre de ses actes, car nul ne peut être au dessus de la loi. Nous espérons toutefois que la présomption d’innocence sera respectée et que les hauts magistrats en charge de ce dossier feront preuve d’impartialité afin que la justice soit réellement rendue.

Il est indéniable que Jean Pierre Bemba dérange bien du monde. Il constitue un danger pour Joseph Kabila et ses parrains dans leur entreprise funeste du démembrement du territoire congolais, ainsi que du pillage à grande échelle des matières premières de la RDC. Malheureusement son élimination définitive de la scène politique congolaise tant redoutée par une frange importante de la population congolaise commence à prendre forme, si on ne s’y prend pas garde.

Dans l’hypothèse où la CPI jouerait le jeu des parrains de « l’Espoir du Congo » et, condamne de manière complaisante le sénateur Bemba, le peuple congolais devra prendre toutes ses responsabilités constitutionnelles face à l’injustice. Par conséquent, le renversement du pouvoir en place à Kinshasa par une Révolution populaire devra être envisagé afin que le nouveau gouvernement réclame le retour de son fils au bercail. En attendant, tous les Membres de l’opposition institutionnelle doivent quitter les institutions par solidarité avec le sénateur Bemba.

En fin, nous constatons avec tristesse que tous les pays de la région des grands lacs sont actuellement dirigés par des criminels multi- récidivistes et, bénéficient du soutien inconditionnel de certaines puissances occidentales. Vu l’impunité ambiante et la barbarie des régimes au pouvoir dans cette région de l’Afrique noire, nous pouvons conclure que tous ceux qui avaient privilégié une paix relative (dictée par leurs propres intérêts économiques égoïstes), au détriment d’une vraie justice réparatrice, se rendent bien compte de leur cuisant échec. Nous sommes d’avis que la justice fera son travail sans complaisance afin que toutes les victimes obtiennent réparation.

Dans tous les cas, ceux qui continuent à croire que tous les Congolais de notre génération sont des naïfs à la mémoire courte, ils nous trouveront encore et toujours sur leur chemin. On ne tue pas la vérité.

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27 mai 2008

Karel boudé par les siens.

Louis Michel désapprouve les propos de Karel De Gucht

Le dossier congolais divise désormais la classe politique belge et met à nu les divergences politiques entre les Flamands et les Wallons. Invité de la presse belge dans la matinée d’hier mardi, Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, ancien ministre belge des Affaires étrangères, n’a pas été tendre à l’endroit de Karel De Gucht, actuel ministre belge des Affaires étrangères. Il a qualifié ses dernières déclarations qui ont mis le feu aux poudres, dans le cadre des relations belgo-congolaises, de « populistes », et l’a invité à «  être utile » à la Belgique.

La décision du gouvernement belge est tombée. Réuni en cabinet de crise lundi soir après avoir reçu la protestation officielle du gouvernement congolais, le cabinet belge a chargé le Premier ministre, Yves Leterme, à prendre contact avec le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, afin de rétablir le dialogue entre les deux gouvernements. Le chef du gouvernement belge est encouragé dans cette voix par de nombreuses personnalités belges. Notamment les libéraux du MR, avec Charles Michel, ministre belge à la Coopération et au Développement.

Ce dernier a qualifié le discours de Karel De Gucht de « strictement unilatéral et sa position est strictement accusatrice. Je ne participerai pas à une faute historique qui serait celle de la rupture. Si c’est l’agenda, si on espère toucher à la coopération de la Belgique avec le Congo, alors ce sera sans moi et sans plusieurs membres du gouvernement », a-t-il fermement déclaré.

Auparavant, Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, a reconnu que dans cette crise, « la Belgique est un peu isolée ». Mais il s’est empressé de faire observer qu’il n’y a aucune raison de rompre les relations avec le Congo, mais de reconnaître qu’elles peuvent être difficiles.

A la question de savoir si la Belgique a le  « droit » de veiller sur tout ce qui se passe au Congo, Louis Michel a souligné que «  ce droit peut s’exercer, comme à tous les pays avec qui la Belgique a établi des liens de coopération, sur fond des relations politiques. Le faire discrètement sans déferlement diplomatique. Il faut donc parler avec les leaders congolais et surtout les écouter ».

Louis Michel se départit ainsi de l’attitude de son successeur, Karel De Gucht : « Le Congo est un pays complexe. Il y a lieu de saluer ce qui a été fait par les Congolais et leurs dirigeants. Tout est à reconstruire. Un travail colossal qui est parti d’un corps électoral qui a légitimé un président élu, dispose désormais des institutions démocratiques ; une Assemblée nationale, un Sénat. Il faut par conséquent établir un dialogue avec les dirigeants de ce pays et les aider à bâtir un Etat. La tâche actuelle est de reconstruire un Etat et il ne s’agit point d’une tâche aisée ».

Droit à l’erreur

Louis Michel condamne ainsi l’attitude de Karel De Gucht qui s’appuie sur la manière forte, sur fond médiatique avec des « phrases assassines à répétition. Je peux me permettre de dire que je suis un homme heureux pour avoir fait beaucoup, avec le concours du gouvernement belge, pour ce pays. Je continue toujours à le faire, mais discrètement, car les Congolais ont droit à l’erreur. Nous avons fait oeuvre utile et pendant toute la transition en portant à bras-le-corps le Congo ».

Bien plus, Louis Michel reconnaît que la démocratie est bel et bien en marche en RDC. « C’est comme dans tous les pays, il faut améliorer. La Belgique est dans la même situation. Il faut donner le temps aux Congolais pour parachever cette œuvre. Moi aussi je fais passer les messages. Mais Karel De Gucht, en tant qu’avocat, sait qu’il y a présomption d’innocence. Ses accusations sont-elles fondées et pourquoi les jeter comme ça ? Je ne participerai pas à cette œuvre de destruction, de jeter l’opprobre. Mon obsession, c’est la population congolaise qui a tout fait pour que les élections soient une réussite. Les Congolais ont le droit de critiquer leurs dirigeants. Mais la Belgique ne doit pas mener à la rupture. Il faut reconstruire cet Etat. Il n’y a pas un seul pays au monde qui se permet de telles critiques à l’endroit d’un autre pays et s’exprimer de la façon qui vient d’être faite ».

Ce qui a amené Louis Michel à s’attarder sur l’aide de la Belgique au Congo.  « Il ne faut pas faire croire que l’argent va dans la caisse du gouvernement congolais comme appui budgétaire. Les 200 millions d’euros sont versés aux ONG et au système des Nations unies pour financer des projets de développement. On ne doit donc pas prendre le risque de supprimer ces moyens ».

Coopération d’Etat souverain à Etat souverain

Louis Michel précise qu’il ne s’agit pas d’être complaisant. Et que Karel De Gucht doit choisir entre « être utile ou populiste », car son langage a une connotation de mépris en s’appuyant sur les médias, précise-t-il. Il rejoint ainsi le sénateur Henri - Thomas Lokondo qui qualifiait les propos de Karel De Gucht « de graves et d’irrationnels ».

Partant, Louis Michel encourage le Premier ministre Yves Leterme à contacter le président Kabila pour réaffirmer la volonté de la Belgique de poursuivre « la coopération d’Etat souverain à Etat souverain  et continuer à soutenir les différentes réformes dans tous les domaines : Enseignement, Justice, Armée, Police… »

Il a enfin balayé d’un revers de la main tous les commentaires sur la Convention sino-congolaise. Bien au contraire, la RDC devant le 5 chantiers qui constituent, selon Louis Michel, les « 5 fonctions d’un Etat », et que la RDC n’ayant pas l’argent pour le moment a « le  droit souverain de mettre en concurrence les différents accords des partenaires de la RDC. Si c’est le prix à payer, pourquoi pas le faire ? »

Charles Michel : « Karel De Gucht a une position sans nuance »

Enfonçant le clou, Charles Michel, ministre belge à la Coopération et au Développement s’indigne des « positions sans nuance » de Karel De Gucht jugées « d’unilatérales et accusatrices ». Il menace même de quitter le gouvernement, avec lui d’autres ministres, des Libéraux certainement. Ce qui affecterait ce gouvernement belge de coalition.

« Je demande que l‘on cesse de jeter de l’huile sur le feu. Ensuite, je le dis clairement : pas toucher à la coopération au développement de la Belgique avec le Congo. Nous avons un accord de gouvernement à gouvernement qui stipule que le Congo est le principal pays destinataire de la coopération belge. On est à 170 millions d’euros par an de coopération au développement. Il y a 4.500 Belges qui vivent au Congo dont 3.000 à Kinshasa et 30.000 personnes sont d’origine congolaise en Belgique. Alors, il y a deux stratégies possibles : la complaisance béate et la stratégie du mégaphone et de la rupture. Je ne m’inscris ni dans l’un ni dans l’autre. Moi je plaide pour une stratégie de partenariat responsable. C’est le point de vue du gouvernement belge. Je devine que la persistance d’un discours unilatéral qui stigmatise les mauvais cotés sans mettre en péril les avancées réelles, notamment le fait qu’un gouvernement est démocratiquement élu au Congo, agace les autorités congolaises. Le discours de Karel De Gucht est strictement unilatéral et sa position est strictement accusatrice. La politique internationale mérite la nuance ; la politique internationale, ce n’est pas un café de commerce. Je ne participerai pas à une faute historique qui serait celle de la rupture. Si c’est l’agenda, si on espère toucher à la coopération de la Belgique avec le Congo, alors ce sera sans moi et sans plusieurs membres du gouvernement », a conclu le ministre Charles Michel.

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Ce que je pense de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba

Par Kä Mana

J’ai appris l’arrestation du sénateur Jean-Pierre Bemba au petit matin du dimanche 25 mai, sur les antennes de RFI. Comme si je ne voulais pas croire mes oreilles ni prêter foi à une information pourtant fiable diffusée par une radio internationale que j’écoute chaque matin, je fus envahi par une fureur soudaine, complètement irrationnelle. Un sentiment d’orage où la révolte, dlindignation et l’envie de protester, me plongeaient dans une colère de cyclone, alors que j’avais toujours nourri jusque-là une attitude de distance froide par rapport au destin politique du chef du MLC et à ses choix souvent contestables.

Sur le champ, je n’ai pas saisi le sens de cette fureur et de cette colère en moi. Je n’ai même pas cherché à me dégager de l’emprise incompréhensible que ce que je venais d’entendre exerçait sur tout mon être. Je sentais tout simplement que la nouvelle que je venais d’entendre était d’une extrême gravité et que notre pays subissait une sorte de tremblement de terre politique de la plus haute magnitude.

C’est progressivement, quand j’ai retrouvé mes esprits en cherchant à comprendre la signification de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, que j’ai perçue pourquoi ma réaction fut celle d’une terreur non maîtrisable et pourquoi il fallait sortir absolument de cette terreur pour regarder les réalités avec toute la lucidité réflexive nécessaire.

LE VRAI CRIMINEL N’EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ

Malgré le fait que la menace d’être présenté devant la Cour pénale internationale pesait depuis un certain temps sur la tête de Jean-Pierre Bemba, rien ne laissait penser qu’un pays prendrait l’initiative d’arrêter le chef de l’opposition congolaise. Tous les débats concernant son destin politique tournaient autour de la possibilité de son retour au pays natal, dans la perspective d’une pacification du champ politique congolais et de la réconciliation entre le pouvoir et l’opposition, pour un fonctionnement calme et harmonieux des institutions de la troisième République. Il semblait même impensable que la Belgique, ce pays où le sénateur congolais dispose des soutiens solides et des parrains puissants, puisse décider que le chef de l’opposition de la RDC se retrouve neutralisé et mis hors course pour les « événements de Bangui ». Ces événements dont on croyait qu’ils avaient été analysés politiquement dans tous les sens en RDC, pour disculper le président du MLC et le mettre à l’abri de tout soupçon concernant son implication personnelle dans les crimes commis par ses troupes en RCA. Ayant été un acteur décisif dans le dialogue inter-congolais, un homme politique exemplaire qui a joué le jeu de la transition « 1+4 », des élections et de la mise sur pied des institutions de la troisième République en toute honnêteté, Jean-Pierre Bemba pouvait estimer que le procès en cannibalisme et en crimes contre l’humanité que ses ennemis politiques agitaient à tout moment n’était que mensonge et poursuite du vent. Comme vice-président de la République, il avait sûrement eu toutes les garanties de la part des faiseurs de rois au Congo pour pouvoir circuler tranquillement, comme il l’a fait jusqu’ici, sans aucune peur d’être inculpé par qui que ce soit. Je suis indigné de voir que cette confiance a été trahie en Belgique, là même où se préparaient les perspectives du retour du sénateur congolais à Kinshasa, dans les cadres des discussions avec le « prince » régnant.

Placé dans cette lumière, l’arrestation de Jean-Pierre Bemba n’est, ni plus ni moins, qu’une manœuvre de basse classe, un coup de traître qui poignarde un ami dans le dos. C’est une trahison de la part de la Belgique. Une trahison non pas seulement à l’égard de l’individu et de l’acteur politique qu’est Jean-Pierre Bemba, mais à l’égard de tout le peuple congolais qui considère le chef du MLC non comme un criminel passible d’une lourde peine devant les tribunaux nationaux ou internationaux, mais comme un responsable politique bénéficiant de la confiance d’une grande partie de la population. Un responsable digne d’être considéré comme un potentiel président de la République.

Que la Belgique décide d’arrêter cet homme et de le livrer à la Cour pénale internationale manifeste tout ce que ce pays enferme d’hypocrisie, de machiavélisme, de mensonge permanent et de manque de considération pour le peuple congolais. Au fond, depuis notre « indépendance », et bien avant, la Belgique a eu tendance à soutenir les pouvoirs en place contre les intérêts de notre peuple. Sa politique à l’égard de Mobutu a livré notre pays à un long règne du crime contre l’humanité, sans que les autorités belges ne menacent un seul instant Mobutu d’un procès auprès de qui que ce soit à l’échelle internationale. De même, dans le contexte actuel de tension avec sa « néo-colonie » congolaise, le pouvoir belge aura du mal à convaincre qu’il ne vient pas de sacrifier Jean-Pierre Bemba pour donner l’assurance à Joseph Kabila qu’il sera toujours, s’il le désire, « l’enfant choyé du Royaume ». Un enfant un peu nerveux ces derniers temps, mais dont on calme la nervosité en lui livrant sur un plateau la tête de son seul adversaire politique sérieux.

A mes yeux, un pays dont les autorités sont capables de se comporter comme les autorités belges viennent de le faire concernant Bemba est un pays peu fiable, dont tous les Congolais et toutes les Congolaises devraient se méfier. D’ailleurs, si les nations et les gouvernements dans leur ensemble pouvaient être traduits en justice devant la CPI, la Belgique aurait dû y être pour ses crimes contre l’humanité au Congo. Malheureusement, nous ne sommes pas encore dans un tel cas de figure. Nous ne pouvons dénoncer ici que l’état moral inquiétant que la Belgique manifeste dans sa gestion du problème « Bemba » quand, d’un côté elle envoie Louis Michel à Faro au Portugal tranquiliser le leader du MLC, et de l’autre, elle active les mécanismes de la justice pour arrêter le même Bemba et l’envoyer à la Cour pénale internationale.

UN LYNCHAGE MEDIATIQUE IRRESPONSABLE

L’autre choc qu’a eu sur moi l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, c’est la manière même dont les médias rendent compte des crimes du leader congolais en Centrafrique. Sans aucun souci de lien entre les comportements des militaires du MLC appelés par le président Ange Félix Patassé pour sauver son pouvoir chancelant et l’implication réelle ou présupposée du chef militaire Bemba dans l’action sur le terrain, tout est présenté comme si les massacres et les viols organisés étaient directement planifiés, de sang froid, par ce chef militaire lui-même, dans un machiavélisme démoniaque et monstrueux.

On a l’impression que la cour internationale de justice va juger un monstre sexuel antédiluvien, qui aurait fait des ravages libidineux sur des petites vierges sans défense, des filles qu’il aurait égorgées après avoir cruellement abusé de leur innocente. Pourtant, nous savons qu’un procès sur les événements de Bangui a eu lieu au sein même des milices de Jean-Pierre Bemba. Des exécutions capitales y ont eu lieu. Des sanctions ont été vigoureusement infligées aux responsables des viols et des carnages. Malgré les manipulations de ce type de procès et les réserves que l’on peut émettre quant à leur signification, il est clair au moins que le sénateur du MLC n’y est pas apparu comme le monstre que les médias décrivent en inventant maintenant un coupable parfait à présenter à la Cour pénale internationale.

J’ai éprouvé une profonde révulsion face à cette construction de l’image du « criminel parfait », surtout quand les médias, avec témoins à la clé, veulent rendre compte de ce qui s’est tragiquement déroulé à Bangui, à la demande du président Ange-Félix Patassé. Curieusement, celui-ci est à peine cité aujourd’hui alors qu’il était, à cette époque-là, le vrai moteur de l’intervention des troupes de Bemba en RCA. Ce silence sur le cerveau de l’opération est significatif : il permet d’éviter d’intégrer les problèmes des « crimes » de Bemba dans le contexte global de la crise de l’Afrique centrale. Une crise où des crimes aussi abominables que ceux de Bangui ont été perpétrés, à plus grande échelle encore, avec un bilan catastrophique qui pourrait conduire à la Cour pénale internationale des chefs militaires, des hauts responsables politiques et même des chefs d’Etat toujours en fonction.

UN OUBLI INCOMPREHENSIBLE

Ce qui m’a le plus choqué comme congolais dans l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, c’est l’oubli de ce contexte global dans lequel s’inscrivent toutes les accusations portées contre lui. L’oubli surtout de tous les acteurs du système criminel dont notre pays, plus que la RCA, a payé et paie encore aujourd’hui le prix le plus fort, avec 3 à 4 millions de morts pour lesquels on ne demande pas justice face à leurs assassins, face surtout à tous les prédateurs et pilleurs actuels qui massacrent encore le peuple en le maintenant dans la misère, dans l’abandon social et dans l’indigence absolue.

Tout se passe comme si on voulait juger l’individu Bemba sans du tout lier ses actions au système de guerre dans lequel se sont retrouvés la plupart de ceux qui sont aujourd’hui aux affaires au Rwanda, en Ouganda, en RDC et en RCA. S’il y a eu crime et s’il doit y avoir châtiment, je trouve regrettable que tous les acteurs du système ne soient pas indexés comme criminels présumés. S’en tenir à « Bangui 2002 » en oubliant toutes les stations de massacres qui jalonnent le destin de l’Afrique centrale ces dernières années, c’est prendre l’arbre pour la forêt. Le système pénal international tel qu’il fonctionne actuellement a tendance à verser dans ce défaut et à nous faire croire qu’il y a eu des crimes sans système criminel et que quelques boucs émissaires choisis au gré de certaines personnes suffiront à calmer les haines et à donner l’impression que justice a été faite. Il n’en est rien. Nous devons avoir le courage d’analyser tout le système du crime, d’en dénombrer tous les acteurs, de mesurer les responsabilités des uns et des autres et de penser le droit non seulement en terme de punition des criminels, mais la possibilité d’une réconciliation pour bâtir une nouvelle société.

Il est frappant de voir que l’arrestation de Bemba est présentée toujours en termes de « crime et châtiment », et non en celui de « vérité et réconciliation », ou plus exactement en terme de « justice, vérité, paix et réconciliation ». Je crains que la Cour pénale internationale soit conçue selon un système culturel qui ne pourra jamais nous aider en Afrique à résoudre les problèmes de fond que posent le système criminel qui s’est installé dans nos sociétés et que l’on a vu ces derniers temps en œuvre au Libéria, en Sierra Leone et au Rwanda, avant l’embrasement de la RDC et de la République centrafricaine.

Sommes-nous sûrs que la CPI soit le lieu juridique le plus indiqué pour traiter des crimes comme ceux qui sont reprochés à Jean-Pierre Bemba et qui exigent une logique plus humaine que celle du crime et du châtiment ? J’en doute fortement. Et j’ai raison d’en douter dans la mesure où le mode de fonctionnement de cette cour est trop lié aux jeux d’intérêts politiques de l’ombre pour pouvoir en même temps dire le droit, restaurer une société dans son être et lui redonner toute la force de ses harmoniques de fond, de ses utopies de paix globale et durable.

CE QU’IL FAUT MAINTENIR

Dans la réflexion que je mène ici, je n’aimerais qu’on ait l’impression que je veux défendre Jean-Pierre Bemba en le lavant de tout soupçon concernant ses responsabilités comme chef de guerre. Il ne s’agit pas de cela. Je suis plutôt convaincu que son arrestation représente une bonne leçon de choses pour tous ceux et toutes celles qui s’engagent dans la voie de la violence comme manière de gérer les problèmes de nos sociétés. Tous et toutes devraient savoir que « nos actes nous suivent » et que nous sommes responsables de tout se qui se fait en notre nom partout où on le fait. Tous et toutes doivent apprendre que des institutions internationales fonctionneront désormais sur le long terme et qu’elles pourront poursuivre tout criminel, où qu’il soit, pour qu’il rende compte de ce qu’il a fait contre l’humain. Qui que l’on soit, chef d’Etat ou chef d’armée, homme d’affaires ou dirigeants religieux, on devrait savoir qu’on est, tous et toutes, logé à la même enseigne et que l’œil de la justice nous regarde dans la conscience, désormais mondiale, qui est celle de l’humanité tout entière.

Il ne faut pourtant pas que la justice à faire valoir dans ces conditions soit celle de la raison du plus fort, ni celle de l’hypocrisie et du mensonge, ni celle de la double vérité et du double langage, ni celle du châtiment qui détruit au lieu d’être celle de la vérité qui libère et qui réconcilie.

Maintenant que Bemba est dans les mailles de la justice internationale, il est de notre devoir de tout faire pour que la justice devant laquelle il se présentera puisse être une justice qui dit le vrai, qui met en lumière toutes les responsabilités, et qui s’inscrit moins dans la perspective du châtiment que dans celle de la construction de l’avenir sous le signe de la réconciliation et de la paix. Une telle justice ne peut pas concourir à l’élimination politique du chef du MLC, comme beaucoup de ses adversaires et ennemis l’escomptent maintenant. J’espère qu’elle ouvrira de nouvelles perspectives pour une politique de l’humain où Jean-Pierre Bemba retrouvera sa place non pas comme un gladiateur impitoyable et un chef de guerre sans pitié, mais comme un homme converti à l’essentiel de l’humain par l’épreuve qu’il aura traversée.

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14 mai 2008

Les extra-terrestres existent.

On peut croire en Dieu et aux martiens, dit l'astronome Croire en Dieu et en l'existence d'éventuels "frères extraterrestres" plus évolués que les humains n'est pas inconciliable, a estimé l'astronome en chef du Vatican."

Pour moi, la possibilité (d'une vie sur d'autres planètes) existe", a déclaré le jésuite José Gabriel Funes, 45 ans, qui dirige l'Observatoire du Vatican et conseille le pape Benoît XVI sur les questions scientifiques.

"Comment peut-on exclure que la vie se soit développée ailleurs ?", a-t-il confié au quotidien du Vatican L'Osservatore Romano dans son édition de mardi-mercredi, arguant que le grand nombre de galaxies possédant leurs propres planètes accréditait cette possibilité.

Interrogé pour savoir s'il faisait allusion à des êtres semblables aux humains ou, en revanche, à des créatures plus évoluées, il a répondu : "Dans un univers aussi grand, vous ne pouvez pas exclure cette hypothèse."

Au cours de cette interview titrée "Les extraterrestres sont mes frères", le jésuite a jugé qu'il n'y avait pas de contradiction entre la croyance en ces créatures et la foi en Dieu.

"De la même manière qu'il y a une multiplicité de créatures sur Terre, il peut exister d'autres êtres, y compris intelligents, créés par Dieu. Il n'y a pas de rupture dans notre foi car nous ne pouvons pas poser des limites à la liberté créatrice de Dieu."

"Pourquoi ne pas parler d'un 'frère extraterrestre' ? Il ferait lui aussi partie de la Création", a-t-il déclaré, avançant par ailleurs la possibilité que la race humaine soit en fait "une brebis égarée" dans l'univers.

"Il pourrait exister (d'autres êtres) qui entretiennent des relations de complète amitié avec leur créateur."

DIEU DERRIÈRE LE "BIG-BANG" ?

Les chrétiens ont longtemps débattu avec les scientifiques pour déterminer si la Bible devait être comprise littéralement, et la controverse qui oppose créationnisme et théorie de l'évolution a donné lieu aux plus vifs débats pendant des décennies.

Au XVIIe siècle, l'Inquisition avait condamné Galilée pour avoir soutenu que la terre tournait autour du soleil; et l'Eglise catholique ne l'a réhabilité qu'en 1992.

José Gabriel Funes a confié qu'en tant qu'astronome, la théorie la plus vraisemblable pour expliquer la naissance de l'univers était celle du "Big Bang", qui suppose une grande explosion et une expansion continue à partir d'une concentration de matière très dense.

"Je continue de croire que Dieu est le créateur de l'univers et que nous ne sommes pas le fruit du hasard, mais les enfants d'un père bienveillant qui a pour nous des projets d'amour", conclut le religieux. /JD

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