Le Francophoneplus 2 septembre 2018

Par Jean Bonsenge

Mbandaka

Dans une ville où l’électrification est quasi-inexistante depuis des décennies, les inciviques communément appelés, dans la langue locale, « Kuluna », profitent de la tombée de la journée pour commettre leurs forfaits : vols à main armée, viols, agressions physiques.  Tout ceci se passe sous l’œil impuissant de l’autorité locale et avec impunité. Désemparé Mr Boloko Bolumbu Bobo, l’actuel gouverneur de la province de l’Equateur fait appel aux jeunes des comités locaux d’autodéfense, parmi d’autres mesures, de monter des veillées nocturnes dans leurs quartiers respectifs pour faire face à la recrudescence de l’insécurité dans la capitale de la province, moyennant une motivation : sucres, café, sifflets. La victime qui a requis l’anonymat pour peur de représailles a été la cible d’un cambriolage nocturne opéré par ces hors-la-loi, il y a deux semaines. Ils ont tout pris de chez elle, les marchandises pour son petit commerce et les biens de la maison. Elle a été violentée par ces bandits et s’est retrouvée à l’hôpital pour recevoir des soins. Le 1er juin 2017, les Mbandakais ont brillé vif deux Kuluna suite à leurs crimes et aussi aux propos qu’auraient tenus Tony Bolamba alors gouverneur de l’époque : « l’insécurité sévit partout dans le monde, même à New-York » aurait-il déclaré à la population. Face à l’incapacité de l’État d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, l’intervention de la diaspora congolaise originaire de l’Equateur s’avère nécessaire. Par exemple, mettre en place des projets d’électrification de la ville, et de réinsertion des jeunes désœuvrés dans la société.  Les prochains élus du peuple des élections du 23 décembre 2018 devraient formuler des politiques qui puissent rétablir l’autorité de l’État et lutter contre la criminalité dans la ville et dans la province d’une manière intégrale.