Le Francophoneplus, 30 octobre 2018
Par Jean Bonsenge

Militarisation du pays 10 2018

Lundi 29 octobre 2018, le gouvernement de Kinshasa a remis un lot d’engins, de l’armée nationale congolaise, à la CENI pour sa logistique en vue des élections du 23 décembre prochain. Selon l’Agence Congolaise Presse, le lot comprend, entre autre, 150 camions de type Kamaz réceptionnés à Kinshasa, 135 camions à recevoir dans les villes de la partie Est du pays, 171 Pick-Up, 1.800 motos, 1 avion Ilyusin-76, 1 DC-8, 3 Boeings-727, 1 Boeing-737, 2 Antonov 72 adaptés à des pistes d’accès difficile, 1 Boeing-737 passagers, 5 hélicoptères d’une capacité d’une tonne et demie et 2 hélicoptères de supervision. Pour le francophoneplus, la République démocratique du Congo (RDC) avance lentement et sûrement vers l’instauration d’un nouveau type de régime politique : la militarisation de la nation et de son peuple. La défense nationale et la sécurité intérieure, la police et la population constituent les 3 colonnes de ce processus. Classées dans le top 10 des armées, en termes de puissance sur un total de 34 pays sur l’Afrique, par Global FirePower (GFP) à son édition 2018, les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) occupe une place de choix dans le processus de la militarisation de la nation et de son peuple. Une armée qui faisait la fierté du pays dans le régime précédent avait connu une déstructuration au déclin de ce dernier. Les guerres qui se sont suivies l’ont aggravée. Le régime actuel a eu comme mission de doter la république d’une armée Républicaine, forte et dissuasive. Actuellement, les FARDC sont à même de faire preuve de leur capacité de défense contre les ennemis de la République. Des moyens conséquents y ont été affectés pour y parvenir. Dans les budgets annuels du pays (RDC) la rubrique de la défense nationale et celle de la sécurité de l’État reçoivent la part de lion. Par exemple, dans son budget annuel de 10 milliards de la monnaie locale (Francs congolais), la loi de finances 2017 pour l’exercice 2018, prévoit un total de 218.615 sur les plafonds d’autorisation d’emplois rémunérés (Annexe XIV). Intérieur et sécurité 172.758. Le site américain GFP indique que le budget de la défense nationale s’évalue à $ 162,000,000. L’accès au database de la SIPRI (Stockholm Peace Research Institute) pourra démontrer un accru d’investissement en armement de la RDC au cours de ces dernières années. Quant à l’armée, la marche d’endurance et activités sportives des militaires et policiers à travers le pays, le 30 juin de l’année en cours, la nomination et promotions à la hiérarchie militaire, le 15 juillet dernier où Célestin Mbala Munsense, Lieutenant-Général, a été nommé par ordonnance présidentielle nouveau Chef État-Major des FARDC succédant ainsi au Général Etumba envoyé en retraite, l’adoption par le Parlement de la RDC d’un accord de coopération militaire et technique avec la Russie en juin dernier sont des indicateurs d’un engagement vers la militarisation. Du côté de la police, elle s’est vue pilotée par un officier militaire de haut rang, nommé le 17 juillet 2017, par le président congolais Joseph Kabila, le Lieutenant-Général Dieudonné Amuli Bahigwa, nouveau Commissaire Général de la Police nationale Congolaise (PNC), en remplacement du Général Charles Bisengimana Rukira. Quant au peuple, l’évasion de plusieurs détenus de la prison centrale de Makala, le 17 mai de l’année dernière et dans d’autres centres pénitentiaires à travers le pays, l’attaque des parquets de Matete et de Kalamu ainsi que du bureau de la police de Mont-Amba en juin de la même année rentrent dans le processus. Les faits relevés ci-haut constituent les signaux qui ne trompent pas sur la voie de la militarisation de la nation et de son peuple, et aussi un message envoyé aux ennemis de la République.
 
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