Le Francophoneplus, le 18 novembre 2018

Par Jean Bonsenge

Felix Tshisekedi et Vital Kamehre Accord de Geneve 2018

 

Signé le 11 novembre à Genève par les 7 leaders de l’Opposition politique congolaise, Félix Tshisekedi (UDPS), Vital Kamehre (UNC), Martin Fayulu (EciDÉ), Prof Matungulu (Congo Na Biso), Adolphe Muzito (Nouvel Élan), Moïse Katumbi ( Ensemble pour le Changement) et Jean-Pierre Bemba (MLC), l’accord qui a désigné Martin Fayulu candidat commun de l’opposition pour la présidentielle du 23 décembre prochain, s’est vu amputer de deux de ses signataires, Félix et Vital, 24heures après. Selon certains analystes, il est moralement repréhensible d’apposer sa signature sur un document d’une portée politique considérable et de la retirer quelques heures après, ça jette un discrédit. Une résiliation unilatérale d’un engagement politique qui pourtant visait à l’unité de l’Opposition pour s’assurer de la victoire face à la majorité au pouvoir et au FCC (Front commun pour le Congo).  Quant aux concernés, Félix Tshisekedi et Vital Kamehre le fondement rationnel a pris le dessus sur une quelque moralité : respect d’engagement. La rationalité de leurs décisions repose sur le rejet de Genève, de son candidat commun ainsi que du mouvement y adjoint LAMUKA (réveillez-vous) par leurs bases respectives, le jour même de la publication dudit accord. Tshisekedi et Kamerhe ont été investis candidats présidents de la République lors des congrès tenus par leurs formations politiques. Il s’est établi en ce moment-là un contrat social d’où ils tirent leur légitimité individuelle. En signant l’accord de Genève ils avaient en quelque sorte rompu ce pacte social avec leurs partis politiques, et le fait de quitter Genève est donc rationnel, n’en déplaise aux cinq autres leaders de l’opposition qui sont restés fidèles à l’accord. En revanche, ce deal politique a encore toutes ces chances de survie et de réussite.