28 février 2008
La révolte du désespoir
Les jeunes contre l’ordre établi au Cameroun
Depuis quelques jours, un vaste mouvement de révolte populaire embrase le Cameroun. Dans les trois grandes villes du pays (Douala, Yaoundé et Bafoussam) comme dans certaines agglomérations périphériques, des jeunes se sont spontanément levés pour lancer un mouvement qui a paralysé toutes les activités économiques et sociales à l’occasion d’une grève générale décidée par les syndicats des transporteurs. Dans l’ambiance du désordre créé par cette grève et le mouvement des jeunes qui s’y est greffé, les forces de l’ordre ont eu recours aux armes et l’on a dénombré déjà une dizaine de morts.
Dans les échos que le pouvoir camerounais et certains médias de grande diffusion internationale donnent des événements qui se déroulent actuellement dans le pays, la clé de lecture que l’on tend à privilégier est celle de la protestation des syndicats des transporteurs contre la hausse des prix du carburant. Cette clé est appauvrissante : elle donne l’interprétation la plus superficielle des événements et en réduit fortement la portée.
En réalité, il s’agit de la révolte des désespérés qui ont pris conscience des blocages multiples dont souffre le pays et qui expriment agressivement leur volonté de transformation en profondeur de leur situation, à tous les niveaux. Perçue sous cet angle, cette révolte devrait être considérée comme le miroir d’un état de société sur lequel nous devrions, en RDC comme partout en Afrique, réfléchir, en vue d’imaginer nous-mêmes des solutions pour l’invention d’un avenir au profit de la jeunesse.
UNE JEUNESSE SANS AVENIR
Dans la ville de Bafoussam où je vis actuellement, j’ai passé plusieurs heures à discuter avec les jeunes dans l’effervescence de leur action. Face à leur rage de bloquer la ville avec des pneus qu’ils brûlent sur la place publique pour en faire des brasiers de la colère, face à leur furie de s’attaquer aux édifices publics et de casser tout ce qui, dans la ville, symbolise la présence et les intérêts de la France, face au déchaînement d’une violence que rien ne contrôle et qui se déploie dans l’inorganisation la plus déroutante, j’ai cherché à parler avec quelques-uns de leurs représentants les plus déterminés et les plus acharnés dans l’œuvre de démolition.
Ce qui apparaît comme le ressort le plus profond de leur action, c’est moins la hausse du prix du carburant que l’effondrement de leur espérance dans une société dont ils se rendent de plus en plus compte qu’elle ne leur offre plus aucun avenir. Plus que le prix du carburant, c’est la flambée globale de tous les prix des denrées de base qui révolte leur esprit. Cette flambée les place devant leur incapacité à vivre comme des êtres humains. Ils se sentent alors poussés à lutter contre leur désespoir et à manifester leur colère à l’occasion d’une grève qui n’est pour eux qu’une opportunité pour refuser un système qui n’offre aucun futur crédible. Il est frappant de voir que beaucoup de jeunes engagés dans l’action de contestation et de destruction ont conscience que la mort est préférable à la vie qu’ils mènent : une vie sans perspective, dépourvue de toute signification, de tout poids d’humanité et de tout sens. J’ai constaté que beaucoup de ces jeunes savent ce qu’ils font et veulent s’engager dans une lutte dont la portée est explicitement politique. Ils imaginent les possibilités d’une gouvernance qui ne soit pas celle d’une classe politique qu’ils jugent corrompue et incompétence, pouvoir et opposition confondus. Ils cherchent à attirer l’attention sur le poids d’un système qui relève, selon eux, d’une soumission à des intérêts étrangers, particulièrement français. Intérêts qui, par le canal des courses de chevaux ou de multiples jeux de hasard, misent sur l’appât du gain en dépouillant les pauvres de leurs moyens de vie déjà dérisoires. En s’attaquant à des symboles visibles de la présence de la France dans la société, les jeunes qui sont en action au Cameroun aujourd’hui disent leur ras-le-bol global devant leurs élites dirigeantes qu’ils accusent de trahir la nation. Dans ce sentiment de trahison qu’ils expriment, ils remettent en cause les ressorts néocoloniaux du système politique de leurs pays. Avec l’agressivité propre à leur âge et à ses furies destructrices, ils posent des questions qu’on ne peut pas éluder sous prétexte que leur action relève du vandalisme et de la sauvagerie inacceptable. Les questions qu’ils posent sont celles-ci : le système sociopolitique actuel, qui devrait être garant de la sécurité globale de la vie des citoyens, est-il en mesure d’assumer ces prérogatives face aux attentes d’une jeunesse qui se sent de plus en plus désespérée et de plus en plus désorientée ? Ses acteurs ont-ils encore de l’énergie pour proposer des solutions crédibles aux problèmes qui se posent au pays ou bien sont-ils à jamais englués dans un état qui les rend foncièrement inaptes à défendre les intérêts de leurs pays face aux intérêts néocoloniaux. Ont-ils un nouveau rêve à proposer à le jeunesse où ne sont-ils intéressés que par leur propre pérennité à la direction et à la gestion du pays, comme l’indique le projet de révision de la constitution qui permettrait au président de la République de se représenter aux élections de 2011 et de les gagner pour régner jusqu’à la fin de ses jours ?
Si les jeunes sont dans la rue, c’est pour poser ces questions et dire clairement qu’ils ont perdu confiance en la capacité de leurs élites dirigeantes à répondre aux interrogations et aux préoccupations qui sont les leurs. Le vrai problème se trouve à ce niveau, et c’est à ce niveau que le pouvoir ne donne pas des réponses satisfaisantes. Il est incompréhensible que rien ne soit fait en amont pour empêcher des manifestations à travers des initiatives politiques qui puissent donner un rêve et une ambition à la jeunesse. Il est inacceptable de ne pas offrir à la jeunesse des espaces d’expression et d’action crédibles pour exprimer les revendications légitimes, pour manifester ses états d’âme et organiser une créativité qui serait l’issue la plus digne dans la situation de crise que nous vivons partout en Afrique. Répondre à la révolte des jeunes par des armes et la violence de l’Etat, c’est creuser le fossé qui existe aujourd’hui entre les espérances de nouvelles générations et le type de gouvernance qui est proposé par le pouvoir en place. Dans le contexte actuel, on aurait mieux fait de développer une imagination politique capable de mobiliser tous les jeunes dans des projets de transformation de leurs propres conditions de vie, à travers ce que le président de la République avait fait un temps miroiter dans l’imaginaire des populations sans y attacher vraiment une grande importance : construire une politique de grandes ambitions et en faire le ressort d’un nouvel imaginaire pour tous les jeunes pour les engager résolument dans la bataille du développement.
DES BLOCAGES POLITIQUES D’UN AUTRE AGE
Si une telle politique avait était prise au sérieux et proposée à la jeunesse comme une voie d’avenir, des réformes démocratiques fondamentales auraient été lancées pour permettre à l’opposition de fonctionner comme un espace d’expression publique et de contre-pouvoir réel. On aurait pu voir cette opposition organiser sereinement ses rencontres, ses marches et ses actions de refus de la révision de la Constitution du pays, sans que les forces de l’ordre interviennent pour disperser les manifestants, tirer sur les militants et faire montre de la violence la plus gratuite et la plus absurde. Le déficit de culture démocratique et l’absence d’une éthique d’expression publique des divergences entre pouvoir et opposition conduisent à des blocages d’un âge qu’on croyait à jamais révolu : l’âge des partis uniques et des présidents blindés dans l’autisme face aux revendications les plus normales de leur peuple. Au Cameroun, la cause la plus profonde de l’embrasement du pays aujourd’hui est l’incapacité d’une ouverture démocratique réelle de la part du pouvoir. Elle est aussi dans l’incapacité de l’opposition politique à trouver une riposte par des actions qui ne conduisent pas à des affrontements violents avec des forces de l’ordre dressées non pas pour protéger la population, mais pour la contrôler et réprimer ses velléités de révolte. Pendant la première journée de grève qui a laissé toute la ville de Bafoussam entre les mains des jeunes en furie, je n’ai pas vu des représentants adultes qui auraient pu, comme membres des partis politiques d’opposition, canaliser la colère de la jeunesse et l’intégrer dans une stratégie responsable, capable d’éviter des dérapages qui ont contraint les forces de l’ordre à user des balles réelles. Cette absence signifie que le blocage de possibilités réelles du fonctionnement démocratique des institutions publiques a semé dans l’opposition la crainte d’être désignée comme la force de l’ombre qui organise et entretient le désordre pour déstabiliser l’Etat. Par peur de donner cette image, l’opposition abandonne la jeunesse à elle-même et laisse un mouvement social dériver vers un vandalisme inacceptable dans un Etat de droit.
Au fond, j’ai vu dans les manifestations de Bafoussam le signe d’un manque profond d’éducation politique de la jeunesse. J’ai vu la spontanéité s’imposer en loi de violence. A Douala comme à Yaoundé, le déficit de culture et d’organisation politiques a conduit aux mêmes effets. On peut craindre qu’une jeunesse aussi peu politiquement éduquée devienne, par son désespoir, une véritable bombe qui explosera, sous une forme ou sous une autre, à la figure du pouvoir actuel.
POUR LA RDC ET POUR L’AFRIQUE
Si j’ai voulu éclairer la situation camerounaise actuelle à travers les clés de lecture que sont la révolte du désespoir social et le déficit de l’éducation politique, c’est parce que je suis convaincu que ce qui se passe dans ce pays est un miroir de ce qui se passe et de ce qui pourra se passer, d’une manière ou d’une autre, dans d’autres pays. Le désespoir de la jeunesse et le désarroi de l’opposition ne sont pas l’apanage du pays de Paul Biya. La RDC est confronté aux mêmes problèmes, tout comme d’autres pays qui connaissent actuellement les violences les plus destructrices : le Kenya ou le Tchad, pour ne prendre que ces exemples récents. Dans ces pays, les pouvoirs en place qui condamnent les jeunes au désespoir sèment un vent qui ne peut que se transformer en tempête. Il n’est pas possible de gérer nos pays, de les administrer et de les gouverner sans proposer des grands rêves à la jeunesse, sans organiser ces jeunes en force de créativité locale, sans les doter des moyens mentaux, intellectuels, spirituels et matériels pour vaincre le désespoir. Une politique qui n’investit pas dans le rêve et l’organisation se condamne à la violence. De même, il est impensable que tant de jeunes puissent vivre aujourd’hui en dehors d’une éducation politique solide, à travers des institutions qui puissent leur donner le sens de la responsabilité citoyenne, du respect du bien commun et de la confiance dans les mécanismes d’une démocratie transparente, garante d’une alternance où les dirigeants élus se consacrent à poser partout les conditions de sécurité pour une prospérité partagée.
Aujourd’hui, dans le camp des pouvoirs en place comme dans celui de l’opposition, c’est une illusion dangereuse de continuer à croire que la politique est un champ de guerre où seule compte la force brute, où seul s’impose l’usage de la violence comme moyen d’expression. Nous avons tellement souffert en Afrique de cette vision du pouvoir qu’il est temps d’imaginer une alternative globale qui consisterait en une véritable politique de civilisation, comme dirait le sociologue Edgar Morin : une politique d’humanité qui permettrait de mettre les énergies de créativité de tous et toutes au service d’un rêve commun : la construction d’une nouvelle société où les jeunes puissent être éduqués, organisés, soutenus et forgés comme le fer de lance d’un nouveau destin pour nos pays africains.
Cette vision de la politique devra germer aujourd’hui dans les mentalités pour éclairer le chemin de l’avenir. Même si elle n’apparaît aujourd’hui que sous la forme d’un vaste rêve et d’une splendide et pathétique irréalité, je ne doute pas qu’elle est la seule qui corresponde à ce qu’il y a de profondément souhaitable pour nos pays africains. La politique de la barbarie d’Etat et celle de la violence de la rue ne sont que des archaïsmes face auxquels nous avons le devoir d’opposer une politiques de grandes valeurs de l’humain. C’est là le chemin de l’avenir : un chemin qui nous conduira à nous asseoir, pouvoir, opposition et société civile tous ensemble, pour inventer la nouvelle Afrique et une nouvelle politique pour cette Afrique-là.
20 février 2008
Le vieux Fidel se rétire du pouvoir après avoir échappé à 638 attentats de la CIA.
Adios «Comandete en jefe» Fidel Castro
Le président cubain Fidel Castro, orateur hors pair, «Lider Maximo» du parti et un démocrate qui a su maintenir un régime communiste aux portes des Etats-Unis, s’est retiré mardi du pouvoir après 49 ans de règne et 19 mois d’absence en public à la suite d’une intervention chirurgicale de l’intestin. Mais il a affirmé qu’il continuera de lutter sur le plan d’idées dans sa très chère rubrique «Réflexions du camarade Fidel» qu’il publie régulièrement dans le quotidien communiste Granma.
Rentrera-t-il au pouvoir? Le conservera-t-il jusqu’à sa mort ou le cèdera-t-il définitivement à quelqu’un d’autre après l’intervention chirurgicale de l’intestin qu’il a subie en juillet 2006 ?
Autant des questions que l’on se posait sur la suite du cursus politique du président cubain Fidel Castro qui n’avait pas été vu en public depuis 19 mois.
Le «Lider Maximo » du Parti communiste cubain a levé le suspens mardi matin. Dans un message publié dans le quotidien communiste Gramma, l’homme qui a su mener une exceptionnelle et réussie révolution et maintenir un régime communiste aux portes des Etats-Unis, a décidé librement de quitter le pouvoir à 81 ans, laissant la destinée du pays à son frère d’armes et de sang Raoul Castro, qui le dirige depuis 2006.
«A mes chers compatriotes, qui m’ont fait l’immense honneur ces derniers jours de m’élire au Parlement, je vous informe que je n’aspirerai ni n’accepterai, je répète, que je n’aspirerai ni n’accepterai la charge de président du Conseil d’Etat et de commandant en chef», écrit Fidel Castro dans son message.
LE PARCOURS D’UN REVOLUTIONNAIRE
Fidèle à son peuple jusqu’au bout, Castro justifie ce retrait par les problèmes de santé: «Ce serait trahir ma conscience que d’occuper une responsabilité qui requiert une mobilité et un dévouement que ma condition physique ne me permet pas », écrit-il.
Pour autant, Fidel Castro n’entend pas abandonner la lutte. Alors que certains estiment qu’il pourrait conserver une influence politique en tant que premier secrétaire du Parti communiste, c’est sur le plan d’idées qu’il entend poursuivre son combat révolutionnaire.
«Je continuerai d’écrire mes ‘Réflexions du camarade Fidel’. Ce sera une autre arme sur laquelle vous pouvez compter. Peut-être ma voix sera-t-elle entendue», conclut-il.
Né dans le village de Biran, près de Mayari, dans l’est de Cuba, le 13 août 1926, Castro est le fils d’un immigré espagnol ayant fait fortune dans la culture de la canne à sucre, note Reuters.
Après une scolarité catholique chez les jésuites, et le droit à La Havane, il s’engage rapidement dans des activités clandestines visant au renversement de la dictature de droite de Fulgencio Batista.
En 1953, l’attaque de La Moncada, une caserne militaire, lui vaut la condamnation à 30 ans de prison. Il est libéré en 1955 et gagne le Mexique, où il prépare l’invasion de l’île.
En décembre 1956, Castro et 81 compagnons d’armes regagnent l’île à bord du Granma. Le débarquement tourne à la catastrophe. Seuls douze «barbudos», dont Castro, son frère et Ernesto Che Guevara, survivent.
En 1958, les rebelles repassent à l’offensive avec succès. Le 1er janvier 1959, un gouvernement provisoire est formé. Castro, âgé de 32 ans, devient chef des forces armées, puis Premier ministre. Il entreprend de faire de Cuba une puissance non-alignée. Son projet: une révolution politique, économique et sociale.
BETE NOIRE DE WASHINGTON
Ses choix radicaux irritent Washington, qui suspend en 1961 ses relations diplomatiques avec La Havane. Castro se tourne vers Moscou. En octobre 1962, il autorise l’installation sur le sol cubain de missiles soviétiques. Les Etats-Unis, alors dirigés par John F. Kennedy, provoquent une confrontation qui conduit le monde au bord d’un conflit mondial.
Débute une série de complots menés par Washington, avec l’aide de la CIA. En 1961, plus d’un millier d’exilés cubains entraînés par la CIA débarquent dans la Baie des Cochons. L’opération est un échec cuisant pour les Américains, mais les services secrets réfléchissent à des moyens sophistiqués de l’éliminer.
On envisage de lui faire livrer des cigares ou des mouchoirs empoisonnés, ou placer un coquillage bourré d’explosifs sur son lieu de plongée habituel. Echec.
Un rapport spécial du Sénat des Etats-Unis, en 1975, selon Reuters, révèle que les services secrets américains ont envisagé de verser dans ses chaussures un produit chimique qui déclencherait la chute de sa barbe, entamerait son charisme. Castro, lui-même affirme avoir survécu à 600 projets d’assassinats ourdis par la CIA ou les exilés cubains.
«Je suis vraiment heureux d’atteindre 80 ans. Je ne m’y attendais pas, pas plus que d’avoir un voisin - la plus grande puissance mondiale - qui essaie chaque jour de me tuer», déclarait-il le 21 juillet 2006 lors d’un sommet des présidents d’Amérique latine.
Ce qui fait la force de Castro le nationaliste est qu’il soit demeuré un véritable démocrate, entièrement dévoué à la cause de son peuple, sans chercher un enrichissement personnel. C’est d’autant que Cuba ne connaît pas d’analphabètes.
Bien plus, en envoyant près de 20.000 médecins cubains soigner les plus pauvres, au Venezuela, au Pakistan, en Indonésie et au Timor-Oriental, le dirigeant cubain a encore élargi le cercle de ses amis et supporters.
Au pouvoir à Cuba depuis 1959, Fidel Castro a su mener une révolution qui a inspiré des mouvements gauchistes dans le monde entier. Et ces derniers mois, grâce à ses articles sur la marche du monde, il se pose encore en défenseur d’une orthodoxie communiste menacée d’extinction, alors que le capitalisme, ayant atteint son apogée, est en déclin.
19 février 2008
Fidel Castro renonce à la présidence de Cuba

"Je n'aspirerai ni n'accepterai --je répète-- je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de Président du Conseil d'Etat et de Commandant en chef", écrit le président cubain dans un "message à ses compatriotes", publié dans l'édition électronique de Granma, organe officiel du régime.
L'annonce de celui qui était le numéro un cubain depuis 1959 précède la convocation dimanche du parlement élu le 20 janvier pour désigner les plus hautes instances exécutives du régime, dont le chef de l'Etat (président du Conseil d'Etat).
Les Etats-Unis ont rapidement réagi, le président George W. Bush disant espérer que le retrait de Castro aboutisse à "une transition démocratique". Commentaires similaires en Europe, en particulier en Espagne, où la secrétaire d'Etat pour l'Amérique latine Trinidad Jimenez a souhaité des "réformes".
Dans son message à Granma, Fidel Castro admet n'avoir pu surmonter les séquelles d'une grave hémorragie intestinale qui l'a conduit à céder en juillet 2006 les rênes à son frère Raul, donné favori pour une succession à laquelle peut aussi prétendre le vice-président Carlos Lage, un médecin de 56 ans incarnant la nouvelle génération.
"Ma première obligation après tant d'années de lutte était de préparer (le peuple) à mon absence, psychologiquement et politiquement. Jamais je n'ai cessé de signaler qu'il s'agissait d'un rétablissement qui n'était +pas exempt de risques+", souligne Fidel Castro dans le message, signé de sa main et daté du 18 février à 17H30 (22H30 GMT).
"Heureusement, notre processus compte encore avec des cadres de la vieille garde, unis à d'autres qui étaient plus jeunes quand a commencé la première étape de la Révolution", poursuit Fidel Castro, qui n'est pas réapparu en public depuis le 26 juillet 2006, date de sa première opération chirurgicale.
"Le chemin sera difficile et requerra l'effort intelligent de tous", dit-il encore, avant de conclure: "Je ne vous fais pas mes adieux. Je souhaite combattre comme un soldat des idées. Je continuerai à écrire sous le titre "Réflexions du camarade Fidel". "Ce sera une arme de l'arsenal avec lequel il faudra compter. Peut-être ma voix sera-t-elle entendue. Je serai prudent. Merci".
Le vieux leader qui a connu une longue convalescence ne s'exprimait guère plus qu'à travers des "réflexions" publiées dans la presse officielle depuis bientôt un an.
Célèbre dans le monde entier pour ses diatribes enflammées devant les foules, Fidel Castro, avec son éternel uniforme vert olive, sa barbe et ses cigares, a symbolisé le guérillero victorieux durant la guerre froide, avant de s'aliéner nombre de sympathies internationales, dont celles de l'Europe, pour son refus d'assouplir son régime.
Durant près d'un demi-siècle, le dirigeant cubain qui s'est voulu, avec son compagnon Ernesto "Che" Guevara, le champion de l'exportation de la révolution communiste en Amérique latine, mais aussi en Afrique et même en Asie, a tenu tête aux Etats-Unis.
Dix présidents à la Maison Blanche n'ont pu en venir à bout, malgré un embargo économique draconien, une tentative ratée de débarquement d'anti-castristes à la Baie des cochons en 1961 et maints complots pour l'assassiner.
Figure incontournable de la deuxième moitié du XXe siècle, Fidel Castro, dernier survivant de la génération des Nasser, Nehru, Tito, avait été élu symboliquement à la présidence du dernier sommet des Non-alignés à La Havane en septembre 2006.
17 février 2008
A l' instar du Kosovo, les Etats-unies finiront à proclamer l ' Indépendance des provinces des Kivus de la RDCongo.
Le Kosovo proclame son indépendance

Le Kosovo a proclamé dimanche son indépendance, rêve de plusieurs générations d'Albanais de la province, mais catégoriquement rejetée par Belgrade, avec le soutien de la Russie qui réclame son annulation, et par les Serbes du Kosovo qui menacent de faire sécession.
Le Parlement du Kosovo, réuni en session extraordinaire à Pristina, a approuvé par acclamation l'indépendance de la province du sud de la Serbie à majorité albanaise.
"Nous sommes désormais un Etat indépendant, libre et souverain", a déclaré le président du Parlement, Jakup Krasniqi, après l'adoption de la déclaration d'indépendance lue par le Premier ministre kosovar Hashim Thaçi.
L'indépendance, soumise pour une durée indéterminée à une supervision internationale, devrait être reconnue rapidement par les Etats-Unis et plusieurs grands pays de l'Union européenne.
A Washington, le département d'Etat a "pris note" de la proclamation et appelé toutes les communautés de la province au calme. "Nous évaluons cette question et nous en discutons avec nos alliés européens", a déclaré le porte-parole du département d'Etat.
La Russie a aussitôt réclamé l'annulation de la proclamation et demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. D'abord annoncée pour dimanche à 18h00 GMT, celle-ci devait débuter à 20h00 GMT.
La Russie veut que la Mission de l'ONU au Kosovo (MINUK) déclare "nulle et non avenue" la proclamation unilatérale d'indépendance, a déclaré l'ambassadeur de Russie à l'ONU, Vitaly Tchourkine.
Cette proclamation constitue "une violation de la souveraineté de la Serbie", de "la Charte de l'ONU et de la résolution 1244 du Conseil de sécurité" qui a mis fin au conflit de 1998-1999 au Kosovo, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.
Plusieurs pays de l'UE ont pris acte de la proclamation kosovare et ont appelé à la modération, dans l'attente d'une déclaration officielle qui devrait être faite lundi à Bruxelles à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union.
Le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, a appelé "tout le monde à agir calmement et de façon responsable".
Mais Belgrade et les Serbes du Kosovo (un peu moins de 10% de la population) ont répété qu'ils ne reconnaîtraient jamais une souveraineté kosovare.
La Serbie a prévenu qu'elle s'opposerait par toutes les moyens "diplomatiques, politiques et économiques" à une proclamation "illégale". "La Serbie ne reconnaîtra jamais l'indépendance du Kosovo", a déclaré le président serbe, le pro-occidental Boris Tadic.
"Pour la Serbie, il n'y a pas et il n'y aura jamais d'Etat fantoche du Kosovo sur son territoire", a renchéri le Premier ministre serbe, le nationaliste Vojislav Kostunica.
Il s'en est pris au président américain George W. Bush et à "ses partisans européens" qui ont encouragé les Albanais à proclamer l'indépendance. "La politique destructrice, cruelle et immorale des Etats-Unis a conduit à cette illégalité sans précédent", a-t-il lancé.
A Pristina, la proclamation a été accueillie par des hourras dans les rues de la ville, qui vibrait aux cris d'"Indépendance" dans le bruit des klaxons et des pétards. Des dizaines de milliers de Kosovars brandissaient des drapeaux de l'Albanie - aigle noir bicéphale sur fond rouge - et des Etats-Unis.
Le nouveau drapeau du Kosovo indépendant, représentant en jaune le tracé du territoire accompagné de six étoiles sur un fond bleu foncé, a été dévoilé dans l'après-midi au Parlement.
"C'est dingue, c'est arrivé ! On l'a fait !", s'est écriée Rina Meta, une journaliste de 22 ans, abasourdie de joie.
Le Premier ministre Hashim Thaçi a souhaité la "bienvenue" à la mission de l'UE qui va se déployer pour superviser les débuts de l'indépendance.
L'UE est divisée sur la question de l'indépendance du Kosovo. La majorité de ses membres sont prêts à la reconnaître, mais six pays (Chypre, Grèce, Espagne, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie) devraient s'abstenir, craignant que cela n'encourage les séparatismes.
Signe de la réalité du risque d'un "effet dominos", évoqué dimanche par le président tchèque Vaclav Klaus, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux régions séparatistes et pro-russes de Géorgie, ont annoncé après la proclamation kosovare qu'elles allaient demander à la Russie et à l'ONU de reconnaître leur indépendance.
Malgré ses divisions, l'UE a décidé, sans l'aval de l'ONU, de déployer au Kosovo une mission de quelque 2.000 policiers et juristes. Cette mission, jugée illégale par Belgrade et Moscou, doit prendre à terme la relève de la Mission de l'ONU (MINUK).
La MINUK a été envoyée au Kosovo en 1999 après que des bombardements de l'OTAN eurent contraint le président Slobodan Milosevic à retirer de la province les forces serbes, qui combattaient la guérilla indépendantiste de l'Armée de libération du Kosovo (UCK).
Une force commandée par l'OTAN, la KFOR, est chargée depuis 1999 d'assurer la sécurité au Kosovo. Cette force va "continuer à assumer ses responsabilités", a annoncé l'OTAN après la proclamation d'indépendance.
Parmi les scénarios possibles figure une sécession du nord du Kosovo, où vivent 40.000 des 120.000 Serbes présents sur le territoire.
Le Premier ministre Hashim Thaçi s'est engagé à garantir la sécurité des Serbes et des autres minorités.
Mais ignorant par avance la souveraineté kosovare, les Serbes du Kosovo avaient annoncé dès vendredi qu'ils organiseraient dans leurs zones les élections municipales prévues en mai en Serbie et formeraient leur propre "Parlement du Kosovo".
Des violences entre les deux communautés sont à craindre.
Deux grenades ont été lancées dimanche à Kosovska Mitrovica, dans le nord du Kosovo, sans faire de victimes, a annoncé la police. L'une a explosé dans la cour d'un tribunal de l'ONU, l'autre, lancée contre le bâtiment où doit s'installer la mission de l'UE, n'a pas explosé.
A Belgrade, plusieurs centaines de jeunes Serbes ont manifesté dans la soirée, parfois violemment. Selon les médias locaux, un policier a été légèrement blessé lors d'une échauffourée devant l'ambassade des Etats-Unis.
Le jour j-.... selon le prince Charles.
Climat: le jour du "Jugement dernier" se rapproche, selon le prince Charles

Le prince Charles, connu pour son activisme en faveur de l'environnement, a appelé jeudi l'Europe à faire encore davantage pour lutter contre le réchauffement climatique, prévenant que l'heure du "Jugement dernier" se rapprochait dangereusement.
"L'horloge du jour du Jugement dernier pour le changement climatique avance toujours plus vite vers les douze coups de minuit. Nous n'agissons tout simplement pas assez vite" pour faire face au défi du réchauffement, a affirmé l'héritier de la couronne dans un discours devant le Parlement européen à Bruxelles.
Si le monde ne prend pas la mesure des défis à venir, "le résultat sera une catastrophe pour tout le monde", a-t-il mis en garde.
"La banquise au pôle Nord fond si rapidement que certains scientifiques prévoient qu'elle disparaîtra complètement l'été dans sept ans", s'est-il inquiété. "Le simple fait qu'un tel événement soit concevable constitue un nouvel appel à se ressaisir, alors que nous progressons tels des somnambules vers le bord du gouffre", a ajouté le prince Charles.
Il a notamment plaidé pour associer plus étroitement le secteur privé aux efforts des pouvoirs publics et des ONG dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Il a salué les récentes propositions de la Commission européenne pour parvenir à l'objectif d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l'UE de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990 d'ici à 2020 et, sur cette même période, de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation.
Mais il a estimé qu'il faudrait aller "bien plus loin". Et il a invité l'Europe à intensifier ses efforts pour convaincre les Etats-Unis et les grands pays émergents de s'associer plus nettement aux efforts sur le climat.
L'UE doit oeuvrer à "forger un dialogue réellement efficace avec la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, qui reconnaisse clairement les implications du changement climatique en termes de sécurité" pour la planète, a-t-il dit.
16 février 2008
Mes Origines
Mes origines: Mon feu Père Bombeto W' elela Jean est originaire de Ekukola, collectivité de la Dwali, Zone d' Ingende dans la région de l' Equateur. Ekukola est une localité d' avec une population estimée de 50 a` 100 habitants. Les habitants sont de deux éthnies: les Nkundo et les Batwa. Ils vivent en harmonie dans le respect des principes établies par nos ancêtres. C' est -a` dire pas de marriages entre nkundo et les batwa, ne pas manger dans une même assiette, et autres preceptes... Tout se passe dans l' harmonie et respect mutuel. Mais avec la dynamique du changement qui intervient dans tous les secteurs au niveau cosmopolite, de la démocratie aux droits de l' homme, de la discrimination et du racisme, la donne doit absolument changer pour que, ces deux peuples condanmés a` vivre côte à côte s' acceptent tels qu' ils sont tout en gardant leurs différences et valeurs culturelles. Mon feu Père Jean Bombeto fût un agronome diplomé de l' époque belge. Il a dû décroché son diplome à l ' école d' Agronome d' Ebonda. Après ces études il fût embauché à la sociéte de huilerie Boteka , Flandria à l 'époque, il planteant les palmiers à huile à Boyeka, Mokoso et à d' autres plantations de la sociéte ou il fût employé. Il quittera cette société pour raison de discrimination au lieu du travail par l' homme blanc belge pour rentrer à l' Administration Publique. Il fût nommé administrateur de térritoire dans le district de Boende-Bokungu. C' est dans cette partie de la République Démocratique du Congo( EX.Zaire) que mon père c'est éteint. Que son âme répose en paix. Ma mère Bosulu l' Ekondjo Ndekaka Marie- Louise, Ndumba Lisoko est plutôt originaire de Losofi, collectivité de Bokatola dans la même région de l' Equateur. Comme vous le rémarquer son nom est très long et surtout nduma Lisoko qui dit tout simplement la belle fille. C' est pour sa beauté, qu' elle porte ce nom. Son Père fût Bontone-Lokwa Louis un homme de très grande taille. Dans le village de ma mère, les hommes sont toujours de grande taille, c'est rare de voire les hommes avec taille inférieure à 1m 60, ces hommes du village de ma mère adorent la danse, IYAYA une danse floklorique émaillée des assauts acrobatiques et autres effets. Mon grand-père Bontone Louis fût le leader de leur groupe. C' était très merveilleux de les voir en action. N'oublie pas tes origines.
11 février 2008
Les défis de l’administration de la justice dans l’espace francophone
L’institution judiciaire est chargée de mettre en œuvre, en toute indépendance, l’ensemble des règles et principes gouvernant le règlement des conflits devant les cours et tribunaux. Comment assurer l’effectivité et l’efficacité du service public de la justice, de sorte à faire de l’instance judiciaire un acteur de la paix sociale et l’instrument essentiel de la consolidation de l’Etat de droit ?
Au-delà des questions de l’organisation d’une instance judiciaire fonctionnant effectivement et digne de la confiance des justiciables, l’administration de la justice met en jeu des considérations politiques, sociales, historico-culturelles. Elle s’entend ainsi comme l’action d’exercer le pouvoir judiciaire au sein de l’appareil d’Etat. Tout système de justice, accepté et compris par les justiciables, doit être fondé sur des mécanismes conciliant les exigences basées sur des standards internationaux et les réalités propres à son environnement.
La prise en compte de spécificités locales dans l’administration de la justice – comme par exemple l’intégration de modes alternatifs de règlement des conflits, tels les gacacas au Rwanda, l’articulation avec les instances de la justice traditionnelle ou l’édification de procédures basées sur un système juridique hybride – n’est pas en soi incompatible avec l’exercice d’une justice équitable et impartiale. Au contraire, une telle prise en compte peut participer à la pérennité et l’efficacité de l’institution judiciaire.
L’OFFICE DU JUGE MIS A L’EPREUVE
Le principe d’indépendance de la justice est consacré par plusieurs instruments juridiques internationaux (Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948, Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies des 29 novembre et 13 décembre 1985, portant « Principes fondamentaux relatifs à l’indépendance de la magistrature »).
Dans les pays de l’espace francophone, il est souvent expressément consacré par les sources internes. Ainsi, dans la plupart de ces pays, c’est la constitution elle-même qui définit l’indépendance de la justice (Albanie, Belgique, Bénin, Bulgarie, Cambodge, Egypte, Ile Maurice…). Au contraire, d’autres Etats, comme le Burkina Faso, le Cameroun, la Guinée, la Mauritanie, le Niger ou la République Tchèque n’ont donné aucune acception textuelle à cette notion dans leur droit positif. Et même, certains pays, plus hésitants sur la question, se sont gardés de donner une base constitutionnelle ou législative à l’indépendance de la justice, laissant à la jurisprudence le soin de combler ce vide en consacrant le principe dans le droit national (Suisse, Hongrie, Liban).
De manière générale, le principe d’indépendance signifie que l’institution (l’autorité judiciaire) et la personne (le magistrat et ses missions) doivent être à l’abri d’ingérences internes et extérieures, quelles qu’en soient leur origine et leur nature. Au-delà de l’affirmation solennelle, il appartient au juge lui-même, sous le contrôle de ses pairs (organes disciplinaires, etc.), de donner un sens véritable à son indépendance. A ce titre, il y a lieu d’observer strictement les règles éthiques, c’est-à-dire morales, et déontologiques, c’est-à-dire professionnelles, comme le devoir de réserve, l’intégrité, les obligations liées à la représentation de l’institution judiciaire, etc. En effet, les magistrats sont soumis à une déontologie dont le respect des règles doit relever, au moins pour les magistrats du siège, de la compétence d’une instance indépendante. Il en est ainsi, par exemple, du Conseil supérieur de la magistrature en France, au Sénégal, au Congo (loi du 15 avril 1999) et au Gabon (loi du 14 avril 1993).
Parallèlement à ces garanties, des règles de protection de la personne et de la carrière du magistrat, assorties de procédures permettant d’en assurer l’effectivité, doivent exister. Elles concernent en particulier l’inamovibilité, l’immunité juridictionnelle, les modalités transparentes d’avancement, de mutation, de gestion de carrière et de rémunération.
ACCES A LA JUSTICE : LA QUESTION DU DROIT AU JUGE
L’accès à la justice est une autre composante déterminante de l’Etat de droit. En effet, il n’y a point de droits effectifs si leur proclamation n’est pas suivie de règles permettant à chaque citoyen, en cas de besoin, de saisir le juge et d’obtenir, dans un délai raisonnable, une décision exécutoire. Tout dépend, ici, de la volonté politique des gouvernants de dégager – ou non – les moyens appropriés pour assurer l’efficacité du service public de la justice. Ce qui souligne le fait que la justice a un coût, tant pour l’Etat que pour le justiciable, et révèle en même temps ses difficultés d’application, notamment pour les membres de l’espace francophone les plus dépourvus de ressources.
Bon nombre d’Etats n’ont pas pu se doter d’une carte judiciaire visant à permettre, de façon satisfaisante, l’égal accès de tous les citoyens à la justice. Aussi certains Etats de l’espace francophone (France, Sénégal, Burkina Faso, Rwanda, Gabon, Tchad, etc.) ont-ils mis en place des solutions originales, en appui aux actions des tribunaux ou en dehors de celles-ci, pour répondre aux demandes de justice dans des situations particulières : institution de « juges » traditionnels pour les gacacas au Rwanda, de chefs de quartiers ou de village au Sénégal, ou encore d’autorités coutumières dans les zones rurales au Gabon ; incitation à recourir à des formes spécifiques de règlement des litiges, souvent organisées par l’Etat (par exemple les Maisons de justice et du droit en France, ou divers procédés alternatifs de règlement des conflits).
Enfin, le droit au juge ne se limite pas seulement à la problématique de la répartition géographique des tribunaux ; il met également en jeu les coûts de la justice pour le justiciable, l’accès à une décision judiciaire pleinement exécutoire et le rôle essentiel des auxiliaires de justice pour une bonne administration de la justice. Quel que soit le système envisagé, les coûts de la justice doivent être raisonnables et ne pas dissuader le justiciable d’agir.
L’EMERGENCE DU «JUGE MODERNE » ?
L’efficacité de la justice dépend aussi de la qualité de ses ressources humaines. Cette réalité a justifié la mise en place de mécanismes régissant tant l’entrée (concours, admission sur qualification ou sur titre, etc.) que l’avancement dans le corps (avancement automatique, tableau d’avancement, procédure de la « transparence »…), ainsi que de règles relatives à la formation du personnel judiciaire (programmes spécialisés, formation obligatoire ou facultative, continue ou en alternance…). De manière générale, les Etats de l’espace francophone ont opté pour le recrutement des magistrats par la voie normale du concours, ouvert aux candidats sur critères (âge, nationalité, titre d’accès, casier judiciaire, etc.). Une procédure complémentaire de nomination sur titre est parfois utilisée, par exemple au Burkina Faso, en France, en Bulgarie…
En matière de formation, les efforts déployés par chaque Etat doivent être renforcés, notamment par la mutualisation des moyens et la consolidation de la coopération bilatérale ou multilatérale : échanges de ressources humaines et matérielles, programmes de stages professionnels élargis, ou encore création de centres régionaux de formation pour les pays ayant en commun la langue française…
Les Etats francophones doivent en parallèle prendre davantage en considération les technologies de l’information et de la communication dans la modernisation de leurs systèmes judiciaires. En effet, le recours de plus en plus important à la technologie informatique, et spécialement à Internet, a démontré que le réseau est un formidable outil de recherche et d’information pour le personnel judiciaire, de diffusion des décisions auprès du public et de transparence. Cependant, en dépit de l’utilisation encore marginale de ces instruments, l’on ne peut passer sous silence cette interrogation : les Etats sont-ils prêts à intégrer dans leur pratique judiciaire – sous réserve du respect des exigences de confidentialité et de transparence – l’extension aux voies électroniques des modes de dépôt des écritures, de communication entre les parties, de notification des actes de procédure et de publication de toutes les décisions publiques ? A. Mbaye et P. Chenivesse/MFI
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, s’est entretenu ce samedi 9 février 2008, dans son bureau parisien, avec Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de la Justice de la République française.
L’essentiel de leurs échanges a eu pour objet la IVe Conférence des ministres francophones de la Justice, qui se tiendra à Paris les 13 et 14 février, et qui rassemblera les ministres de la Justice des 68 États membres et observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Organisée conjointement par l’OIF et la France, cette réunion s’attachera à donner un nouvel élan à la coopération entre les États et gouvernements francophones dans le domaine de la justice et du droit. Elle examinera plus particulièrement deux thèmes : - Le développement de la justice pour renforcer les capacités institutionnelles de l’État et prévenir sa fragilisation ; - Le droit et la régulation de l’économie dans l’espace francophone ; Pour rappel, la Conférence sera ouverte le 13 février au Palais des affaires étrangères et européennes par Rachida Dati et Abdou Diouf, en présence de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes. Les travaux se poursuivront le 14 février à l’Hôtel Westin à Paris.
10 février 2008
Visas pour le Royaume-Uni : le sort des Congolais se décide à Nairobi
A dater du 11 février, le gouvernement britannique introduira un nouveau système d’octroi de visa mis sur pied en vue de promouvoir l’efficience et une meilleure qualité de service pour les demandeurs de visa. Toutes les décisions relatives aux visas seront prises par le personnel du Haut commissariat britannique (Mission diplomatique britannique) à Nairobi.
Un communiqué tranchant, comme un couperet, signé de l’ambassade britannique à Kinshasa, est tombé hier vendredi 8 février 2008 dans les rédactions à Kinshasa : le gouvernement britannique annonce l’introduction d’un nouveau système d’octroi de visa pour le Royaume Uni.
A partir du 11 février, toutes les décisions relatives aux visas seront prises par le personnel du Haut commissariat britannique (Mission diplomatique britannique) à Nairobi. Aussi, l’ambassade britannique à Kinshasa n’aura-t-elle plus la compétence d’octroyer les visas aux Congolais désireux de se rendre ou de visiter, pour des raisons évidentes, le royaume britannique. C’est, « en vue de promouvoir l’efficience et une meilleure qualité de service pour les demandeurs de visa », précise le communiqué.
FONCTIONNEMENT DU SYSTEME
Le nouveau système mis en place, et qui entre en vigueur à partir de lundi 11 février, fonctionnera sur base des données informatisées. Le demandeur se connecte au site WWW.visa4uk.fco.gov.uk afin de remplir un formulaire de demande de visa approprié à son type de voyage et de fixer un rendez-vous avec l’ambassade britannique.
Par la suite, le demandeur vient à l’ambassade britannique à Kinshasa à la date et à l’heure de son rendez-vous afin d’y déposer le formulaire, en payer les frais et fournir le scan de ses empreintes digitales ainsi qu’une photo numérique. Au bout de toute cette opération, l’ambassade britannique prend alors soin d’envoyer tous ces documents par courrier sécurisé et par scan à Nairobi. Et, le demandeur repasse enfin à l’ambassade au jour et à l’heure de son rendez-vous pour y recevoir la décision.
Le même communiqué précise que le courrier envoyé à Nairobi, contenant les documents de demande de visa et les informations personnelles ainsi que celui provenant de Nairobi, contenant la décision relative à la demande seront, tous deux, transmis sous pli fermé. « Uniquement le personnel de Mission diplomatique britannique à Nairobi sera autorisé à ouvrir le courrier reçu et uniquement les demandeurs de visa à Kinshasa auront le droit d’ouvrir le pli contenant la décision réservée à leur demande de visa », précise le communiqué.
Les demandeurs de visa devront compter 10 jours ouvrables au minimum en vue de la finalisation de tout processus de demande de visa.
L’ARBRE QUI CACHE LA FORET
Les événements se précipitent. Rumeurs et réalités s’entrecoupent. Les faits s’établissent avec sacralité et les commentaires vont bon train. Il n’y a point de doute, les observateurs s’interrogent sur ce qui ne va plus entre les diplomaties britannique et congolaise. L’ossature transpire un malaise. Y aura-t-il un arbre qui cacherait une forêt ?
Pas plus tard qu’il y a deux semaines, la rumeur ( ?) a couru – et elle court encore les rues de Kinshasa – signalant la présence d’un important dispositif de militaires britanniques à Brazzaville voisine. Mieux, les raisons pour lesquelles la Grande-Bretagne a signé un protocole d’accord avec Brazzaville pour évacuer ses ressortissants à Kinshasa ne sont pas élucidées. Voilà que maintenant, la Grande-Bretagne rend incompétent son personnel diplomatique à Kinshasa pour l’octroi des visas aux Congolais de la RDC et confie cette responsabilité au Haut commissariat diplomatique britannique à Nairobi. Comme si tout simplement, la Grande-Bretagne est en train de se délocaliser pour des raisons connues d’elle seule. Ce nouveau système de demande de visa vient encore enfoncer le clou sur d’inquiétantes interrogations déjà sans réponses précises.
Sachant que dans le système démocratique moderne, les Etats souverains traitent d’égal à égal, l’attitude « ambiguë » et « mitigée » du Royaume Uni vis-à-vis de la RDC (avec qui il entretient de bonnes relations depuis des années) suscite des interrogations.
Que cache cette nouvelle mesure prise par le gouvernement britannique qui, pourtant, dispose d’une ambassade à Kinshasa ? Londres aurait-il ramené la mission diplomatique de Kinshasa à un niveau inférieur ? Dans l’ hypothèse d’une réponse affirmative, Londres trouve qu’ il n’a plus rien à gagner en demeurant à Kinshasa. Puisque aucune exception n’est mentionnée dans ledit communiqué, qu’adviendra-t-il si jamais, pour une raison d’Etat ou d’extrême urgence, un officiel congolais devrait se rendre en Grande-Bretagne ? Le ministère des Affaires étrangères devrait tirer cette situation au clair.
Aussi curieux que cela puisse paraître, pendant que les Etats-Unis ouvrent un consulat à Goma, le gouvernement britannique décide d’alourdir le mécanisme d’octroi des visas. Pourquoi ?




